Rénovation bâti ancien
Description
Au pied des falaises des gorges de la Dourbie, à quelques kilomètres de Millau, cette maison de village en pierre occupe un site aussi beau que contraint : implantation en terrasse, forte pente, mitoyennetés continues, accès étroit.
Le bâti est très ancien et remanié au fil des générations — murs épais en calcaire hourdés à la chaux, caves voûtées en berceau et arcs en plein cintre, escalier extérieur en pierre, couverture en lauzes. Le diagnostic a révélé les pathologies habituelles de ces constructions : enduits ciment piégeant l'humidité, infiltrations, planchers fatigués, absence d'isolation. Autant de désordres qui appelaient une réponse d'ensemble plutôt que des réparations ponctuelles.
Le projet recompose un logement confortable sans effacer ce qui fait la valeur du bâtiment. Les volumes voûtés du niveau bas sont conservés et laissés lisibles ; le niveau d'habitation s'ouvre au sud autour d'un séjour-cuisine ; l'étage accueille les chambres sous charpente apparente.
L'intervention la plus visible est le jardin d'hiver créé en façade sud, à l'emplacement de l'ancienne treille. Il est entièrement composé de fenêtres de réemploi, dont les dimensions ont commandé le dessin de l'ossature : le calepinage de la façade vitrée découle des menuiseries disponibles, et non l'inverse. Cette contrainte, assumée dès l'esquisse, produit une composition irrégulière et vivante, cohérente avec l'histoire du bâtiment. L'espace joue le rôle de tampon thermique et de capteur solaire passif, la vigne conservée assurant l'ombrage estival.
Conduire un tel chantier suppose une maîtrise d'œuvre complète — du relevé à la réception — et un réseau d'artisans spécialisés : maçonnerie à la chaux, charpente et couverture traditionnelle, menuiserie, enduits perspirants. Leurs savoir-faire ont été mobilisés dès la conception, et le phasage construit avec eux.
Le gain énergétique a été traité dans la logique du bâti ancien : matériaux perspirants, isolants biosourcés, ventilation adaptée, sans jamais enfermer les maçonneries. L'opération a été partiellement financée par les aides de l'Anah.